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TF1 défend son Droit de savoir

Publié par : egliusern le : mai 31, 2008

« Droit de savoir » contre « secret de l’instruction » ? Du 29 au 30 mai, le tribunal correctionnel d’Alès (Gard) jugera sept prévenus, des journalistes, d’anciens hauts responsables de TF1 et un ex-officier de gendarmerie. Une affaire qui illustre l’ambiguïté du droit français lorsque des caméras sont « invitées » à suivre des investigations judiciaires.
En mars 2004, une société de production travaillant pour Le Droit de savoir, une émission de TF1 présentée par Charles Villeneuve, obtient l’autorisation de la Direction générale de la gendarmerie de suivre la section de recherches de Nîmes (Gard). Le contrat stipule que la diffusion ne pourra se faire qu’avec l’accord des magistrats concernés. Le reportage débute pourtant sans que ceux-ci soient avisés.
En avril, le corps d’une
jeune Ardéchoise de 21 ans, torturée à mort, est découvert dans un canal. Le journaliste Olivier Baudry de Vaux suit l’enquête au plus près. Il assiste notamment à ce terrible instant où un enquêteur apprend à la maman le décès de sa fille. Il parvient même à interviewer les auteurs présumés, lourdement condamnés depuis.
Alertée par l’un des suspects, la juge d’instruction dépêchera de gros moyens pour saisir les rushes : perquisition dans une société de production (une autre suivra à TF1), fouille au domicile du reporter, garde à vue du lieutenant-colonel Dominique
Garcia… « Mon client a demandé sans succès au journaliste de différer son sujet », insiste l’un des avocats de l’officier, Me Thibault de Montbrial. Mais, à cette date, Olivier Baudry de Vaux « ne disposait déjà plus des bandes qu’il remettait au fur et à mesure à ses employeurs », fait valoir son conseil, Me Roland Marmillot.
Pendant tout l’été 2004, TF1 fait la sourde oreille face à la justice. Et, le 7 septembre, la chaîne diffuse l’« affaire Marjorie ». Un document choc qui vaut aujourd’hui à ses auteurs un renvoi en correctionnelle…

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